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Cyberfeminism With A difference
Rosi Braidotti
www.let.ruu.nl/womens_studies/rosi/cyberfem.htm
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Rosi Braidotti
traduction Yves Cantraine, Anne Smolar




Introduction: la postmodernité

\"Dans la ville, aujourd’hui, il y a des composants libres et des particules accélérées, quelque chose s’est relâché, quelque chose rôde, se faufile, rampe vers son point d’impact. Quelque chose doit se produire et ce n’est pas sans danger. Vous devez prendre garde. Car la sécurité a déserté nos vies.\"

Martin Amis, Les Monstres d’Einstein 1


Dans cet article, mon premier objectif sera de situer la question des cyber-corps au sein de la postmodernité, en soulignant les paradoxes de l’embodiment.2 Ensuite, je développerai plusieurs variations sur le thème du cyber-féminisme, dont le fil rouge sera la différence sexuelle. Pour moi, loin des usages jargonnants du terme, \"postmodernité\" désigne la situation historique spécifique des sociétés post-industrielles après le déclin des espoirs et des tropes modernistes. L’espace urbain est à cet égard symptomatique de ces changements, en particulier les centres urbains qui ont reçu un nouveau visage postindustriel de métal et de verre; mais il ne s’agit là que d’un vernis qui recouvre la putréfaction de l’espace industriel et symbolise la mort du rêve moderniste de la société civile urbaine. Cette crise est avant tout une crise du monde occidental, mais pas uniquement. En effet, le trait caractéristique de la postmodernité est la nature transnationale de son économie alors que l’Etat-Nation est en train de décliner. Par ailleurs, un métissage ethnique résulte de flux migratoires mondiaux, processus infini d’hybridation à un moment de racisme et de xénophobie croissants en Occident.3 La postmodernité, c’est aussi un immense saut vers une tiers-mondisation du \"premier\" monde alors que le tiers monde lui-même continue d’être exploité; quant à ce que l’on a connu comme \"deuxième\" monde, le bloc communiste, il s’est effondré, laissant la place à une re-balkanisation de tout le bloc oriental. La postmodernité voit aussi le déclin de l’économie légale et l’ascension du crime et de l’illégalité. Deleuze et Guattari ont baptisé \"le capital comme cocaïne\" ce phénomène, lequel révèle aussi l’absence de toute visée téléologique du capitalisme tardif, l’absence de direction d’un système qui se perpétue dans la seule brutalité.

Enfin, la postmodernité, c’est aussi l’alliance nouvelle et perversement féconde de la technologie et de la culture. La technologie a évolué du dispositif panoptique analysé par Foucault en termes de surveillance et contrôle, vers quelque chose de beaucoup plus complexe et que Haraway décrit en termes d’ \"informatique de la domination\". Examiner la question de la technologie au sein de la postmodernité nécessite, par conséquent, un changement de perspective. Au lieu de sembler contraire à l’organisme et aux valeurs humaines, le facteur technologique doit être considéré comme proportionnel et intimement lié à l’humain. Au vu d’une telle imbrication mutuelle, il devient nécessaire de parler de la technologie en tant que dispositif matériel et symbolique, c’est-à-dire en tant qu’agent sémiotique et social parmi d’autres. Ce changement de perspective, que j’ai analysé par ailleurs4 en tant qu’abandon de la technophobie au profit d’une approche plus technophile, redéfinit également les termes des relations entre technologie et art. Si, dans une perpective humaniste conventionnelle, les deux peuvent sembler s’opposer, ils se révéleront beaucoup plus étroitement liés au sein de la postmodernité. Dans tous les domaines, mais spécialement dans la technologie de l’information, la stricte séparation entre le technique et le créatif est rendue superflue par les images digitales et le talent que nécessite le dessin assisté par ordinateur. La nouvelle alliance entre les domaines auparavant séparés du technique et de l’artistique révèle la naissance d’une version contemporaine de la reconstruction post-humaniste d’une techno-culture dont l’esthétique est égale à la complexité technologique. Tout cela pour dire que je souhaite prendre mes distances tant à l’égard de l’euphorie des postmodernistes mainstream qui confisquent la technologie la plus avancée, en particulier le cyberespace, en tant que possibilité de ré-incarnations multiples et polymorphes, qu’à l’égard des nombreux prophètes de malheur qui pleurent le déclin de l’humanisme classique. Pour moi, la postmodernité nous ouvre les portes de positions5 nouvelles et importantes pour la pratique culturelle. L’une des conditions majeures pour de telles positions consiste en l’abandon tant du fantasme des ré-incarnations multiples que de la nostalgie séduisante mais dangereuse.6 Le désir nostalgique d’un passé soi-disant meilleur n’est qu’une réponse hâtive et dépourvue d’intelligence aux défis contemporains. Elle est non seulement culturellement inefficace, dans la mesure où elle se lie aux conditions de sa propre historicité en les niant, mais aussi dans la mesure où elle constitue une simplification abusive de leur complexité. Je considère que la manière dont les sociétés post-industrielles se précipitent têtes baissées sur une solution hâtive à leurs contradictions a quelque chose d’amoral et de complètement désespéré. Cette fuite dans la nostalgie a pour effet immédiat que les modalités de transition d’un monde humaniste en un monde post-humain sont tout simplement ignorées et donc négligées. Que cet aveuglement fondamental trouve sa compensation dans un besoin de sauveurs de tout acabit n’a dès lors rien de surprenant.

Dans ce climat généralisé de déni et de négligence qui marque la crise terminale de l’humanisme classique, je suggère de nous tourner vers des genres littéraires \"mineurs\" tels la science-fiction et, plus spécialement, le cyber-punk pour trouver des solutions non-nostalgiques aux contradictions de notre époque. Alors que la culture dominante refuse de faire le deuil des certitudes humanistes, des productions culturelles \"mineures\" placent la crise elle-même à l’avant-plan et soulignent les solutions créatives potentielles qu’elle nous offre. A l’inverse de l’amoralité du déni, les genres culturels \"mineurs\" cultivent une éthique de la conscience de soi et de la lucidité. Les écrivains de science-fiction comptent parmi les derniers individus les plus moraux de la postmodernité occidentale, en ce qu’ils ne négligent justement pas de s’attarder sur la mort de l’idéal humaniste du \"Mann\", et en ce qu’ils inscrivent donc cette perte, ainsi que l’insécurité ontologique qu’elle implique, au cœur (inanimé) des préoccupations culturelles contemporaines. En prenant le temps de symboliser la crise de l’humanisme, ces esprits créatifs, suivant en cela Nietzsche, amènent cette crise à son point de dénouement le plus intime. De cette manière, ils placent la mort au premier plan des préoccupations culturelles de la postmodernité, mais ils décapent aussi la couche de nostalgie qui recouvre les insuffisances de l’ordre (du désordre) culturel actuel.

Dans cet article, je suggérerai que des activistes féministes présentes dans la culture et les médias et autres \"cyber-féministes\" attachées à une politique de la parodie et à la répétition parodique. Quelques-uns parmi ces esprits créatifs se tournent plutôt vers la théorie, d’autres (les écrivains de science-fiction et autres \"fabulatrices7\" telle Angela Carter) ont choisi le mode fictionnel. Si l’ironie demeure un procédé stylistique majeur, des artistes multimédias électroniques contemporains non-nostalgiques, telles Jenny Holzer, Laurie Anderson et Cindy Sherman, jouent aussi un rôle majeur. Nous trouverons chez elles des compagnes de voyage idéales.

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